Sulawesi : Au cœur du pays Toraja

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L’indonesie est vaste. Lorsqu’on entame un voyage dans ce pays, il faut être prêt a faire des concessions (à moins d’y passer 6 mois, évidemment ! ). D’autant plus qu’en règle générale, tout le monde recommande ce qu’ils ont fait !

« Si tu vas en Indonésie, tu DOIS aller à Flores ! »

« SI tu vas en Indonésie, tu DOIS aller à Bornéo ! »

« Si tu vas en Indonésie, tu ne DOIS pas louper Sumatra ! »

etc.

« Ah oui ? Et as tu visité autre chose ? »

« Non, mais c’était génial ! »

« Ok. »

Nombreux sont les voyageurs à nous avoir fait des recommandations, sans avoir exploré toute l’archipel. Ce qu’il faut en retenir, c’est que visiblement, tout mérite d’être vu dans ce pays !

Néanmoins, personne ne nous a jamais recommandé Sulawesi et pour cause, c’est une des îles les moins touristiques. Tout ceci décuplait notre envie d’aller explorer cette île aussi appelée Les Célèbes.

Nous atterrissons donc à Makasar, capitale de l’île où nous passerons la nuit afin d’organiser notre périple jusqu’au pays Toraja, située plus au nord à environ 10 heures de bus.
Après avoir passé une nuit dans le bus, nous arrivons à Rantepao, fief du pays des Torajas, peuple un peu en marge du reste de la communauté Indonésienne.

Il nous tenait à cœur de faire plusieurs choses ici. La première était d’assister à une cérémonie funéraire (car ce peuple à une tradition bien loin de nos standards européen), la deuxième était de passer une nuit dans une famille Toraja, et la troisième était de découvrir un peu plus en profondeur leurs coutumes et la nature composant cet endroit de l’île.

Nous apprenons que le lendemain de notre arrivée, des funérailles auront lieux, coup de chance !

Mais avant d’aller plus loin, quelques mots sur le peuple Toraja et leur vision de la mort…

Les Torajas sont un peuple vivant dans une région montagneuse sur l’île Sulawesi. Longtemps isolés du monde dans de petits villages autonomes et la région est restée longtemps coupée du monde car difficilement accessible. Leur singularité réside dans leur approche de la mort.

En effet, comme pour se réconcilier avec elle, la famille du défunt cohabite pendant un temps (des semaines, des mois, voir des années), avec le corps de celui qui les a quitter. Ce temps prend généralement fin lorsque la famille à suffisamment d’argent pour payer les funérailles.
Pour eux, un défunt qui réside toujours à la maison n’est pas mort. Il ne l’est que lorsque les funérailles sont passées.
Après la mort, les corps sont traités avec du formol qui va stopper la putréfaction.
La famille continuera à servir à boire et à manger à ce dernier jusqu’au jour de l’enterrement. Bref, leur amour pour leurs ancêtres est bien supérieur à la peur que peu inspiré un corps mort.

Donc nous partons le lendemain matin afin d’aller voir cela de nos propres yeux… Mais avant d’assister à la « fête », nous découvrons les tombeaux Torajas, creusés à même la roche.

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Il faut 8 mois afin de réaliser une tombe, rien que ça ! Ca n’aide pas vraiment à avoir des funérailles rapide déjà… Notre guide nous en apprends un peu plus sur les procédés et ce qui entoure l’enterrement.

Après cela, nous nous rendons à la cérémonie. Notre guide nous introduits vis à vis de la famille, ce qui nous permet de leur offrir les différents présents que nous leur avions acheté pour l’occasion, ainsi, nous ne sommes pas vu comme de simples touristes, mais comme des personnes qui compatissons avec eux.
Nous nous installons après avoir marché un peu dans le village, au milieu des cochons saucissonnés et des buffles qui sont eux simplement attachées mais relativement libre de leurs mouvements.

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Après avoir pris place dans une sorte de salon temporaire construit pour les funérailles, on nous sert thé et café en guise de bienvenue. Des processions sont réalisées et ce n’est que quelques heures plus tard que les joyeusetés vont commencer…

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Ces dernières ont débuté avec le sacrifice d’un buffle par égorgement. S’en suit une longue agonie pour la bête, puis le dépeçage de ce dernier qui ne prendra que quelques minutes. On se rendit compte à ce moment que c’était en réalité une femelle, cette dernière étant pleine…
Puis c’est au tour des cochons, qui, dans des conditions similaires, sont sacrifiés par dizaines.
Toute cette viande est ensuite assaisonnée et cuit dans des bambous ce qui lui confère un goût exquis !

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Tout cela peut semblé bien barbare de prime abord… Mais qui sommes nous pour juger alors que nous trouvons notre viande sous cellophane en supermarché ? Que savons nous réellement de leurs conditions d’abatage ? Pas sûr que la méthodologie soit beaucoup plus « humaine » surtout quand on connaît les conditions de vie des animaux destinés à notre assiette… Ici, leur vie s’est au moins fait à l’air libre avec une certaine liberté et dignité.
Bien que nos hôtes se soient excusés de leurs méthodes « sauvages », nous ne sommes définitivement pas sûr que les nôtres soient enviables pour les animaux. Condamner ces sacrifices revient à condamner notre régime omnivore et là, c’est un autre débat.

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Après avoir partagés le repas avec la famille, les amis, et l’entourage du défunt, nous allons voir l’Arbre Sacrée où les Torajas enterrent (si c’est le bon mot), leurs enfants morts nés. Il creuse en fait l’arbre, puis recouvre le trou. Lorsque ce dernier se rebouche naturellement, cela signifie pour eux que l’enfant est monté au ciel.

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Nous terminons la journée par la visite d’une maison traditionnelle où nous en apprenons davantage sur leurs us et coutumes, et sur leur façon de vivre.

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Le lendemain, nous partons pour un trek de deux jours dans les rizières afin de nous rendre dans une famille qui nous hébergera pour la nuit.

Nous connaissions la difficulté des treks dans les rizières (cf SAPA au Vietnam), mais heureusement, aujourd’hui, c’est le soleil et non la pluie qui nous accompagne !

Malgré tout, grimper sans cesse en serpentant le long des rizières en faisant attention sans arrêt où on met les pieds reste fatigant…Les nombreux glissements de terrain ayant emporté le chemin ne facilitant pas vraiment notre progression non plus.

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A environ 1 heure de l’arrivée, nous nous prenons une belle saucée qui nous accompagnera jusqu’à l’endroit où habite la famille.

Heureusement, nous étions sorties des rizières depuis peu, mais nous finirons complètement trempé et, bien sûr, joie du Homestay, pas d’eau chaude à l’arrivée !

Nous sommes d’abord surpris par le confort de la maison dans laquelle nous sommes accueillis. Bon, tout est relatif bien sûr… Quand on parle de confort, c’est deux canapés et un fauteuil de récupération, la lumière (quand ça veut bien) etc… C’est tout !

Nous passerons la majorité de la soirée éclairés à la bougie puisque l’électricité est capricieuse à cause de l’orage, ce qui ne manqua pas de rendre le repas que nous partageons avec la famille que plus… Pittoresque !

Nous dégustons d’ailleurs cette fois ci du poulet cuit au bambou et, tout comme le cochon, c’est vraiment délicieux. La soirée se termina par un jeu de domino (le jeu de table national) avec notre guide sous l’air amusé de la famille.

Le lendemain nous repartons en faisant nos adieux à cette gentille famille qui s’est vraiment bien occupé de nous durant notre court séjour.

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Nous offrons quelques confiseries aux enfants et reprenons la route en direction de Rantepao en savourant nos derniers instants en Indonésie et en Asie… Oui car d’ici quelques jours, le temps de retourner à Denpasar, nous nous envolons pour la deuxième grosse partie de notre voyage : L’Amérique du Sud !

Nous profiterons également de nos derniers moments aux côtés de Fab et Clo avec ce petit pincement au cœur lorsque nous les quitterons à l’aéroport. Merci à vous deux d’avoir partagé ces 3 semaines avec nous, ça nous a vraiment fait plaisir de vous retrouver et de faire ce bout de chemin avec vous !

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