Voyage en Transsibérien

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Voila un nom qui résonne l’aventure, l’épopée lointaine et mystique ! La mythique ligne de train traversant le sud de la Sibérie sur 9289 km, reliant Moscou capitale occidentale à Vladivostok à l’extrême orient Russe !

Il était pour nous important d’emprunter cette voie ferrée pour rejoindre l’Asie plutôt que d’y arriver directement par avion.

Transsibérien… Remettons tout d’abord les choses dans leur contexte en précisant, pour commencer, qu’il ne s’agit pas d’un train mais bien de la voie ferrée ! Pourquoi avoir construit une ligne aussi vaste ? Pour répondre à cette question, nous allons devoir rentrer dans quelques détails historiques.
Durant le XIXe siècle les pays les plus industrialisés se livrent une lutte de superpuissance, à celui qui aura le plus de pouvoir économique, le plus grand territoire et le plus d’influence possible. Le chemin de fer devint alors le symbole de la puissance des États.

Pour la Russie, qui connaissait une crise économique en 1880 dû à plusieurs éléments (la surpopulation des villes, la famine et des révoltes paysannes), cela s’est joué principalement vers l’immensité Sibérienne et d’apprivoiser ce territoire qui regorge de ressources. L’idée est donc d’exploiter les terres de l’est en instaurant notamment une politique de migration paysanne.
S’ajoute à cela le fait que les dirigeants cultivés de cette région prenaient conscience de leurs atouts naturels et encore inexploités. Le gouvernement central de Russie pris donc peur et il craignait une volonté d’indépendance de la lointaine Sibérie, de plus, l’affaiblissement de la Chine face aux puissances étrangères (français et anglais) qui pouvaient répandre leurs influences aux limites de leur territoire n’était pas enthousiasmant !

En 1891 le Tsar proclama donc la construction de la plus grande foie ferrée au monde : le Transsibérien afin de palier à tout ces problèmes, offrir aux paysans de nouvelles terre fertiles, contrôler de plus près ce qui se passait politiquement en Sibérie et mieux gérer ses frontières.

La construction dura donc de 1891 à 1900 environ, où les premières liaisons furent mises en service !

Travaille laborieux pour tous les ouvriers de l’empire, mais également pour les étrangers appelés à la rescousse (italiens, chinois) et bien sûr, pour les prisonniers exilés en Sibérie mis à contribution.

 

Ce n’est qu’en 2002 que la ligne fut fini d’être électrifiée (commencée en 1929)…

 

Comptez environ 6 jours sans stop pour relier Moscou à son homologue oriental Vladivostok.

Vous avez la possibilité de faire le trajet dans un train de prestige : le Rossiya ½ (comprenant un wagon enfant, un wagon douches et un wagon restaurant kitsch).
Nous lui préférerons largement les trains des locaux, qui eux vous immergent littéralement dans leurs quotidien organiser autour de cette fameuse ligne !

Durant les mois d’été (Juillet/Août), de nombreux voyageurs empruntent cette ligne, les billets sont du coup plus rares et mieux vaut s’y prendre à l’avance si l’on veut avoir le billet tant convoité ! Pour notre part, nous n’avons pas eu de soucis, bien que nous ayons réservé nos billets seulement 4 jours au préalable, directement en Gare de Moscou.
Comment réserver un billet de train en Russie

Voici notre itinéraire : Moscou – Omsk / Omsk – Irkoustk / Irkoustk – Oulan-Oudé fhn

Nous avons parcouru une grande partie du transsibérien mais non sa totalité (qui représente tout de même un 6eme de la circonférence de la planète ! ) car nous souhaitions rejoindre la Mongolie depuis Oulan-Oudé en bus.

Le trajet Moscou-Omsk durera 41 heures, Omsk-Irkousk quant à lui avoisinera les 40heures et Irkoustk-Oulan-Oudé compter environ 7heures.

Pourquoi avoir fait des arrêts ? Parce-qu’il nous paraissait intéressant de découvrir un minimum de ce que la Sibérie et ses villes ont à offrir, et non pas juste traverser sans pénétrer un temps soit peu notre décor durant ces nombreuses heures…

Pour ce qui est du coût de votre trajet, sachez qu’il dépendra de plusieurs éléments :

  • Le numéro de votre train : en effet, plus le numéro de votre train est élevé moins le confort est au rendez-vous, et donc, plus le prix diminue.
  • La classe : Il y en a 3, la plus luxueuse est la 1ere classe ou vous serez deux par cabine, la 2eme classe appelée « Koupe » il s’agit là de cabine disposant de 4 couchages et enfin, la 3eme classe, la plus populaire nommée « Platskart » qui n’est ni plus ni moins qu’un wagon de 54 couchages… Oui 54 ! C’est convivial !
  • La couchette : Les couchettes du haut sont légèrement moins onéreuse que celle du bas qui elles disposent d’une table.
  • Le nombre d’arrêts que vous souhaitez effectuer : Dans notre cas, on voulait s’arrêter à Omsk et Irkoustk, il nous a donc fallu trois billets, un pour Moscou-Omsk, un autre pour Omsk-Irkoustk et enfin pour rallier Irkoustk à Oulan Oudé. Plus vous faites d’arrêt plus cela coût cher.                                                                

Pour ce qui est de notre trajet, ce dernier nous a coûté environ 140 par personne et pour les trois tronçons… Quel somme dérisoire comparé aux souvenirs que cela procure… Sachant qu’en plus cela fait économiser 4 nuits de logements…

Nous avons par ailleurs choisi la classe Platskart (hormis le plus petit trajet Irkoustk-Oulan Oudé, on a testé la 2eme classe (Koupe) pour être au plus près des Russes et de leur mode de vie. Cette proximité a bien entendu ses avantages comme ses inconvénients. Nous avons par exemple adoré sentir l’odeur de bière durant des heures, offert gracieusement par notre ami Russe qui dormait (quand il ne buvait pas) dans la couchette situé en dessous… Pour être franc, on a largement préféré le moment d’échanges succincts avec un couple moldaves quinquagénaire avec lesquels nous avons pris plaisir à se montrer mutuellement des photos de nos proches et nos passeports. Les échanges en moldaves-russes-anglais mélangés étaient mémorables !

Nous n’avions jamais pris de train durant une aussi longue période, la perte des repères commence à se faire au bout du 2ème jours de voyage, quand les heures glissent, et que les changements de fuseaux horaire commencent à rentrer en jeu ! Et oui, entre Moscou et Irkoustk/Oulan-Oudé il y à 5heures de décalage.. On s’y perd un peu ! D’autant plus que tous les horaires des trains sont à l’heure de Moscou, et ce, où que vous soyez sur le territoire ! Il semblerait qu’il ait été décidé de faire ça afin de garder une unité au sein du pays…

La vie dans le train se fait au rythme des arrêts que l’on fera dans les nombreuses gares (plus de 900 sur la totalité de la ligne). On pourra y rencontrer les locaux proposant leurs récoltes et leurs pêches, mais également des vendeurs ambulant qui vous ravitailleront en vivre si vous le nécessitez. Le réapprovisionnement en eau des wagons se fait également durant ces haltes.

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Le chef du wagon est indéniablement la Provodnitsa (ou Prodvonits pour les hommes, mais ils sont minoritaires) qui s’occupe de contrôler les billets à l’entrée des voyageurs dans le wagon, de vous distribuer vos draps, de vous expliquer les différents éléments du train (wc, eau chaude, direction du wagon restaurant) , elle fera également le ménage à bord et surtout c’est elle qui permettra de descendre grâce à l’actionnage des marches du train et qui veillera à ce que tout le monde remonte durant les stops avant que le train ne redémarre ! Il ne vous attendra pas, les trains russes sont d’une ponctualité à toute épreuve !

Bien qu’elles aient la réputation de ne pas être très aimables (et même ronchons), nous avons eu un homme qui lui avait l’air content d’être là ! Mais sur d’autres trains nous avons eu des Provodnitsas dignes de se nom !

Le moment passé à Omsk fut bref, une nuit et une matinée nous on permis de déambuler dans cette ville qui en soi n’a rien de grandiose à offrir, mais cela permet tout de même une agréable pause en découpant le trajet en deux. Comme pour habitude, on y aperçu de nombreux édifices dédié à Lénine et à la guerre !

Quand à Irkoustk et le lac baikal voici l’article dédié … car un article devait de leur être dédié à eux seuls!!

Concernant Oulan-Oudé nous n’y avons passé qu’une seule nuit afin de rejoindre Oulan-Bator en Mongolie, sachez également que c’est sur ce dernier trajet depuis Irkoutsk que les paysages sont les plus diversifiés et beau de Sibérie, incontestablement !

Mis bout à bout nous avons passé environ 7 jours dans les trains… Et quelle expérience se fut ! photo

Les nombreuses heures passées dans ces trains permettent réellement de se ressourcer, de prendre le temps de s’évader à travers les paysages qui défilent , s’adonner à l’écriture, ou se laisser bercer par la prose d’écrivains ayant vécu les mêmes instants et qui vous en apprennent beaucoup sur la Russie, les russes et leur histoire…

 

Le doux ballottement incessant du wagon vous permet de prendre la mesure des kilomètres avalés jusqu’au moment où votre arrêt final est arrivé… Et qu’il vous faille quitter cette ambiance si atypique et si addictive à la fois !

 

Voici quelques paysages 🙂
On a eu quelques soucis pour mettre en ligne la vidéo… Donc tout n’est pas parfait et ce n’est pas la dernière version… Mais on voulait la poster avant notre départ pour les steppes !
On fera mieux la prochaine fois !

 

2 Commentaires le “Voyage en Transsibérien

  1. Et bien moi je l ai adorée votre vidéo! Tout comme vos mots, elle m a transportée!

    • Merci Caro ! Ravis que cela puisse permettre un peu d’évasion 🙂

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